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COP d’une pompe à chaleur : définition, calcul, SCOP et vrais chiffres de performance

Pompes à chaleurPar Ronan Olivin·12 min de lecture

Vous n’avez pas le temps de tout lire ? Voici l’essentiel à retenir :

Le COP d’une pompe à chaleur mesure son rendement instantané : un COP de 4 signifie qu’un kWh d’électricité produit 4 kWh de chaleur. Mais c’est le SCOP (coefficient saisonnier, norme EN 14825) qui reflète la performance réelle sur toute une saison. Selon l’étude ADEME 2025 sur 100 maisons, la moyenne terrain est de 2,9. Pour les climatiseurs réversibles, on parle d’EER et de SEER en mode froid. Depuis le 1er janvier 2026, les aides CEE exigent un ETAS ≥ 126 % pour une PAC air/eau basse température. Un bon dimensionnement et une loi d’eau bien réglée peuvent faire gagner 1 à 2 points de COP.

Sommaire de l'article

Lorsque vous comparez des pompes à chaleur, le COP est l’indicateur qui revient le plus souvent dans les fiches techniques. Mais il ne suffit pas : SCOP, EER, SEER et ETAS entrent aussi en jeu selon le type d’installation et les aides auxquelles vous pouvez prétendre.

Ce guide pratique explique chaque indicateur, leur mode de calcul, les valeurs à attendre en conditions réelles en Bretagne Sud, et ce que tout cela signifie concrètement pour votre facture de chauffage. Toutes les données chiffrées sont issues de sources officielles (ADEME, normes EN, textes réglementaires).

Qu’est-ce que le COP d’une pompe à chaleur ?

Définition et formule

Le COP (Coefficient de Performance) mesure le rapport entre l’énergie thermique produite par la pompe à chaleur et l’énergie électrique qu’elle consomme pour fonctionner.

Formule : COP = énergie thermique produite (kWh) / énergie électrique consommée (kWh)

Un exemple concret : une pompe à chaleur avec un COP de 4 produit 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé. Les 3 kWh restants sont puisés gratuitement dans l’air extérieur via le cycle thermodynamique et le fluide frigorigène. Par comparaison, un radiateur électrique classique a un COP de 1 : il transforme exactement 1 kWh d’électricité en 1 kWh de chaleur, sans rien capter dans l’environnement.

Cette différence fondamentale explique pourquoi la pompe à chaleur s’impose comme la solution de chauffage la plus rentable sur la durée. Pour comprendre le mécanisme complet, vous pouvez consulter notre page sur le fonctionnement d’une pompe à chaleur.

COP nominal : les conditions de mesure EN 14511

Le COP affiché sur une fiche technique est toujours un COP nominal, mesuré dans des conditions standardisées définies par la norme EN 14511. Ces conditions varient selon le type de PAC :

  • PAC air/eau basse température : température extérieure +7 °C / eau départ 35 °C
  • PAC air/eau moyenne température : température extérieure +7 °C / eau départ 55 °C
  • PAC air/air : température extérieure +7 °C / température intérieure 20 °C
  • PAC géothermique : eau source à 10 °C / eau départ 35 °C

Le problème est simple : ces conditions correspondent à une journée d’automne fraiche, pas à un hiver breton rigoureux. Dès que la température extérieure descend sous +7 °C, le COP réel commence à s’éloigner du COP nominal affiché.

COP, SCOP, EER, SEER : les 4 indicateurs à connaître

SCOP : le coefficient saisonnier (norme EN 14825)

Le SCOP (Seasonal Coefficient of Performance) est la moyenne pondérée du COP calculée sur toute la saison de chauffe, selon la norme EN 14825. Il est calculé à partir de quatre points de température : -7 °C, +2 °C, +7 °C et +12 °C, chacun pondéré selon sa fréquence d’occurrence dans le climat de référence européen.

C’est le SCOP qui sert de base à l’étiquette énergie ErP (label A+++) et aux critères d’éligibilité des aides CEE. Le COP nominal reste utile pour comparer deux machines dans les mêmes conditions, mais c’est le SCOP qui prédit la consommation réelle sur une année.

En Bretagne Sud (zone climatique H3), les hivers sont doux avec une température moyenne de 5 à 8 °C en saison froide. Les PAC air/eau atteignent leur SCOP annoncé plus facilement qu’en zone H1 (Grand Est, Alsace), où les vagues de froid sont plus fréquentes et prolongées.

EER et SEER : les indicateurs pour le mode rafraîchissement

Pour les pompes à chaleur réversibles utilisées aussi en mode climatisation, deux indicateurs supplémentaires entrent en jeu.

L’EER (Energy Efficiency Ratio) mesure le rendement instantané en mode froid, dans des conditions standardisées : température extérieure 35 °C / eau produite 18 °C. La formule est identique à celle du COP : EER = énergie frigorifique produite / énergie électrique consommée. Un EER de 4 signifie qu’1 kWh d’électricité produit 4 kWh de froid.

Le SEER (Seasonal Energy Efficiency Ratio) est l’équivalent saisonnier de l’EER, calculé selon la norme EN 14825. Il représente la performance moyenne sur toute la saison de rafraîchissement. Le SEER existe pour les PAC air/air et les PAC air/eau réversibles, mais pas pour les PAC géothermiques.

Ces deux indicateurs sont particulièrement pertinents pour les propriétaires qui installent une climatisation réversible en Bretagne Sud, où les étés deviennent progressivement plus chauds.

Les labels énergie et les seuils de performance

L’étiquette énergie (directive ErP 2021) classe les pompes à chaleur de A+++ à D selon leur SCOP en chauffage et leur SEER en rafraîchissement. Voici les seuils applicables en basse température (régime 35 °C) :

Classe énergieSCOP (chauffage)SEER (froid)
A+++≥ 5,1≥ 8,5
A++4,6 à < 5,16,1 à < 8,5
A+4,0 à < 4,65,6 à < 6,1
A3,4 à < 4,05,1 à < 5,6

Pour les aides CEE (Certificats d’Économies d’Énergie), la réglementation 2026 s’appuie sur un autre indicateur : l’ETAS (Efficacité Énergétique Saisonnière). Depuis le 1er janvier 2026, les fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172 imposent les seuils suivants (arrêté du 15/12/2025, Légifrance) :

  • PAC air/eau basse température (35 °C) : ETAS ≥ 126 %
  • PAC air/eau moyenne ou haute température (55 °C) : ETAS ≥ 111 %

L’ETAS est approximativement équivalent au SCOP multiplié par 2,5 pour le climat moyen de France métropolitaine. Ces seuils correspondent donc à un SCOP d’environ 3,5 à 4 selon le régime de fonctionnement.

COP selon le type de PAC : les valeurs réelles

Les performances varient sensiblement d’un type de pompe à chaleur à l’autre. Le tableau suivant présente les plages de COP nominal (norme EN 14511), de SCOP saisonnier (EN 14825) et de COP terrain observé en conditions réelles :

Type de PACCOP nominal (EN 14511)SCOP moyen (EN 14825)COP terrain moyenCommentaire
PAC air/air3,5 – 4,53,0 – 4,0VariablePerformances très dépendantes de la T° extérieure
PAC air/eau BT (35 °C)3,5 – 5,03,0 – 4,52,9*Type le plus installé en France
PAC air/eau MT (55 °C)2,8 – 4,02,5 – 3,5VariableMoins efficace ; nécessaire si radiateurs haute température
PAC géothermique4,5 – 5,54,0 – 5,03,5 – 5,0Meilleur COP, source froide stable toute l’année

*Source : étude ADEME 2025 sur 100 maisons individuelles en France (COP moyen mesuré = 2,9).

La PAC air/eau basse température est de loin la plus installée en France. Son COP terrain moyen de 2,9 (ADEME 2025) reste bien supérieur à tout système de chauffage à effet Joule, mais il peut être amélioré significativement avec un bon dimensionnement et un bon réglage.

Pourquoi votre COP réel peut être inférieur au COP affiché

Plusieurs facteurs expliquent l’écart entre le COP nominal de la fiche technique et le COP réel mesuré sur votre installation :

La température extérieure est le facteur le plus déterminant. Chaque degré de baisse extérieure dégrade le COP. À -7 °C, le COP d’une PAC air/eau tombe à 2,0-2,7, contre 3,5-4,5 à +7 °C. Pour comprendre comment la machine se comporte par grand froid, consultez notre article sur la pompe à chaleur par grand froid.

La température de départ d’eau joue un rôle majeur que l’on sous-estime souvent. Selon l’ADEME (2025), baisser la consigne de départ eau de 10 °C améliore le COP d’environ 1 point. C’est le principe de la loi d’eau : la régulation adapte en continu la température de départ selon la température extérieure.

Le type d’émetteur conditionne directement la température de départ d’eau nécessaire. Un plancher chauffant fonctionne à 28-35 °C, contre 55-70 °C pour des radiateurs haute température. Cette différence représente 1 à 2 points de COP en conditions réelles.

Le dimensionnement est souvent négligé. Une PAC surdimensionnée par rapport aux besoins réels du logement effectue des cycles courts fréquents, ce qui dégrade son COP réel. Dimensionner une pompe à chaleur correctement selon la surface et l’isolation du logement est donc une condition indispensable à la performance.

L’entretien a aussi son importance. Des filtres encrassés ou un manque de fluide frigorigène peuvent dégrader le COP de 10 à 20 %. L’entretien biennal des PAC de 4 à 70 kW est obligatoire par un professionnel qualifié, conformément au décret 2020-912 du 28 juillet 2020.

La régulation est le point le plus souvent sous-estimé. L’ADEME estime qu’1 PAC sur 3 installée en France pourrait être plus performante avec de meilleurs réglages. Une loi d’eau mal paramétrée ou une consigne de confort trop haute sont les deux causes les plus fréquentes d’un COP réel dégradé. Pour aller plus loin, notre page sur les erreurs à éviter avec une pompe à chaleur liste les mauvaises pratiques à corriger.

Comment améliorer le COP de son installation

Plusieurs leviers permettent d’augmenter concrètement le COP réel de votre PAC sans changer d’équipement :

  • Abaisser la température de consigne départ eau en activant et en paramétrant correctement la loi d’eau. Chaque -10 °C sur la consigne eau = +1 point de COP (ADEME 2025).
  • Passer à des émetteurs basse température : plancher chauffant ou radiateurs surdimensionnés conçus pour fonctionner à 35-45 °C au lieu de 60-70 °C.
  • Programmer le fonctionnement en journée : la température extérieure est plus élevée dans la journée, ce qui améliore mécaniquement le COP de la PAC aérothermique.
  • Faire réaliser un entretien annuel par un professionnel certifié RGE, qui vérifiera la charge en fluide frigorigène, les pressions de fonctionnement et le paramétrage de la régulation.
  • Améliorer l’isolation du logement pour réduire les déperditions thermiques et diminuer la durée de fonctionnement de la PAC, ce qui limite les cycles courts.

Pour une vue complète des ajustements possibles, consultez notre page sur comment réduire la consommation de sa pompe à chaleur.

COP et impact sur votre facture de chauffage

Un bon COP, c’est une facture de chauffage sensiblement réduite. Voici un exemple concret basé sur les données disponibles.

Scénario de référence : maison individuelle de 100 m², besoin thermique annuel de 10 000 kWh, tarif réglementé de l’électricité au 01/02/2026 : 0,1940 €/kWh.

SystèmeCOPConso électrique annuelleCoût annuel estimé
Chauffage électrique direct1,010 000 kWh1 940 €
PAC air/eau (moyenne terrain ADEME)2,93 448 kWh669 €
PAC air/eau (installation bien dimensionnée)3,52 857 kWh554 €

Pour la PAC à COP 3,5 : 10 000 kWh / 3,5 = 2 857 kWh x 0,194 €/kWh = 554 €/an. L’économie par rapport au chauffage électrique direct dépasse 1 385 €/an dans ce cas de figure. Même avec le COP terrain moyen ADEME de 2,9, le gain annuel est de l’ordre de 1 270 €.

Ces économies sont d’autant plus importantes que le prix de l’électricité tend à progresser sur le long terme. Pour évaluer la rentabilité sur votre logement en particulier, consultez nos pages économiser avec une pompe à chaleur et consommation PAC selon la surface.

FAQ

Quel est un bon COP pour une pompe à chaleur ?

Un COP de 3 ou plus est considéré comme satisfaisant pour une PAC aérothermique. Un COP de 4 et au-dessus est excellent. En conditions réelles, l’étude ADEME 2025 menée sur 100 installations françaises mesure une moyenne terrain de 2,9 pour les PAC air/eau. Ce chiffre peut être amélioré avec un bon dimensionnement et un réglage précis de la loi d’eau.

Quelle est la différence entre le COP et le SCOP ?

Le COP est une mesure instantanée, effectuée dans des conditions fixes définies par la norme EN 14511. Le SCOP est la moyenne pondérée de ce COP sur toute la saison de chauffe, calculée selon la norme EN 14825 à partir de quatre points de température. Le SCOP est l’indicateur à retenir pour estimer la consommation électrique réelle sur une année complète, car il intègre les variations de températures extérieures.

Pourquoi le COP d’une PAC baisse-t-il en hiver ?

La pompe à chaleur aérothermique puise ses calories dans l’air extérieur. Plus la température extérieure baisse, plus l’écart thermique à compenser est important et plus la machine travaille dur pour maintenir la consigne intérieure. À -7 °C, le COP d’une PAC air/eau descend à 2,0-2,7, contre 3,5-4,5 à +7 °C. En Bretagne Sud, ce phénomène est limité par la douceur du climat, mais il existe lors des vagues de froid.

Quel est le COP minimum pour bénéficier des aides CEE en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, les fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172 utilisent le critère ETAS (efficacité énergétique saisonnière) et non plus le SCOP directement. Pour une PAC air/eau basse température (régime 35 °C), l’ETAS doit être supérieur ou égal à 126 %. Pour une PAC à moyenne ou haute température (régime 55 °C), l’ETAS doit atteindre au moins 111 %. Ces seuils ont été fixés par l’arrêté du 15 décembre 2025 (Légifrance). Ils correspondent approximativement à un SCOP de 3,5 à 4 selon le régime de fonctionnement.

La PAC géothermique a-t-elle vraiment un meilleur COP ?

Oui. La géothermie capte ses calories dans le sol, dont la température reste stable entre 10 et 15 °C toute l’année, même en plein hiver. Contrairement à la PAC aérothermique, son COP varie très peu avec les saisons. Les valeurs courantes sont de 4,5 à 5,5 en COP nominal et de 4,0 à 5,0 en SCOP saisonnier. Le principal inconvénient est le coût initial plus élevé de l’installation (forage ou capteurs horizontaux).

Un plancher chauffant améliore-t-il vraiment le COP ?

Oui, de façon significative. Un plancher chauffant fonctionne à une température de départ d’eau de 28 à 35 °C, tandis que des radiateurs haute température nécessitent 55 à 70 °C. Or, selon les données ADEME 2025, chaque baisse de 10 °C de la température de départ d’eau améliore le COP d’environ 1 point. La différence entre un plancher chauffant et des radiateurs haute température peut donc représenter 1 à 2 points de COP en conditions réelles, soit une réduction de consommation électrique de 25 à 40 % sur la saison de chauffe.

Vous souhaitez savoir quel COP vous pouvez attendre sur votre logement en Bretagne Sud ? Nos techniciens réalisent une étude thermique personnalisée avant chaque installation. Demandez un devis gratuit pour votre projet de pompe à chaleur air/eau ou de climatisation réversible à Lorient, Vannes ou Quimper.

Ronan Olivin Rédigé par Ronan Olivin

Je suis Ronan Olivin, associé-gérant d’Aquaclim Service, votre spécialiste en rénovation énergétique en Bretagne Sud. Depuis 2009, notre équipe de plus de 80 collaborateurs répartis sur nos agences de Lorient, Quimper et La Roche-Bernard s’engage à transformer votre habitat en un lieu confortable, éco-responsable et économe en énergie.

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